Bienvenue !

Publié: 5 février 2010 dans Essai

Bonjour. Bonsoir. Bienvenue.
Fais comme chez moi. Puisque c’est chez moi. Finalement c’est un peu chez toi aussi, quelque part. Alors je t’en prie, prends tes aises, installe-toi confortablement. Tu es entre mes mains à partir de maintenant. Tout ce que tu vois autour de toi te sera présenté par mes soins au fur et à mesure que nous lierons connaissance. Tu y trouveras pensées, extraits de textes connus ou de mon cru, commentés ou non, dépendant de mon humeur et si tu as de la chance peut-être que je me lancerai dans d’autres supports multimédias. Mais va falloir prier très fort le dieu Pokémon Leveinard…

Toutefois, ne te méprends pas : ce blog n’aura en aucun cas la vocation

  • ni d’étaler ma vie comme la plupart des adolescents pré- ou post-pubères en mal d’amour ou de sexe sur leur Skyblog empli de fotes d’auretografe et garant de ce nouveau dialecte qu’est le « langage » SMS (je parlerai de cette aberration dans un billet futur, ne vous inquiétez pas)

*grosse inspiration*

  • ni de vous imposer ma façon de penser (quoique…) et encore moins de vous apporter des réponses à des questions fondamentales (qui suis-je ? où vais-je ? dans quelle état j’erre ?), chose que je laisse aux philosophes contemporains qui perdent leur temps à brasser de l’air (n’est-ce pas Monsieur B. ?).

Non. Tu trouveras des réflexions reflétant mon humeur du moment : joie, tristesse, mélancolie, misanthropie, cynisme, amusement… Le tout se voulant le plus critique et le moins subjectif possible. Certes je vais impliquer ma personne (sinon autant lire le journal, et encore), mais mon objectif premier est d’écrire. Juste écrire mais écrire juste. Autant que ce soit utile à quelque chose, n’est-ce pas ?

Me présenter devient futile à partir du moment où je vais me confier à toi, très cher lecteur. À plus forte raison que si tu me lis, c’est qu’il y a de grandes probabilités que tu me connaisses indépendamment de ce blog. Ça, c’est fait…

Alors bon séjour dans mes Archives et reviens quand tu veux !

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Aimer ou définir l’indéfinissable

Publié: 17 août 2010 dans Essai

Aimer. Voilà un mot bien compliqué dans la langue française. Autant de sens différents pour un si petit verbe, il y a de quoi en perdre son latin ! Universalis en donne deux notions distinctes : il signifie avant tout éprouver de l’amour, de l’affection, de la tendresse, puis dans un second lieu il est utilisé pour apprécier, avoir un penchant pour [quelque chose ou quelqu’un]. Ce qui m’amuse dans ce genre de définition, c’est qu’elle ne répond pas vraiment à la question qu’on se pose : que veut dire aimer ? Éprouver de l’amour, voilà ce que nos docteurs es langue moderne ont trouvé de mieux : définir un verbe par son substantif direct !

Et amour alors ? Là encore Universalis brille par son langage équivoque : sentiment fort de tendresse et d’affection entre deux personnes ou envers une divinité ou un idéal… Quoi ?! Que vient faire le théisme là dedans ? Surtout si tôt, voyons ! Nous ouvrons innocemment un dictionnaire à la lettre A, sans aucune arrière pensée politique, religieuse voire philosophique mais simplement dans un souci naïf de combler une lacune dans notre vocabulaire et PAF ! on nous assène un joli coup de « Ave Maria, mère du fils de Dieu, je t’aime et j’ai tué ton fiston que j’aimais tout autant, après l’avoir suspendu sur une croix » ! Nous, barbares primaires, assumons pleinement notre complexe œdipien ! Et l’idéal, mon Dieu je vais vous l’épargner, tellement il y a de choses à dire…

Revenons-en aux autres sens du mot amour. En deuxième lieu nous avons le bon vieux coït, l’acte sexuel quand nous faisons l’amour. Drôle d’expression d’ailleurs, faire l’amour. Et poétique en même temps, pourrions-nous dire. On fait l’amour à deux, on le réalise, on le construit, on le conçoit. On fait l’amour comme on fait un enfant, avec passion, ce qui nous amène au troisième sens énoncé par Universalis, qu’il met au même rang qu’intérêt. Même avec toute la volonté du monde, associer passion et intérêt de façon si proche sous-estime ce premier et/ou surestime ce dernier. D’ailleurs on fait quelque chose avec passion mais on ne peut que porter de l’intérêt, ce qui est autrement plus passif comme expression, ne trouvez-vous pas ? D’où vient l’intérêt sinon de nous ? Pourquoi ne le fabriquons-nous donc pas, alors que nous aimons la chose qui en dépend, ou du moins l’apprécions ?

Mon amour. Quelle douce possession que celle de l’amant sur l’aimé. Et les deux partis se complaisent dans le fait de s’appartenir l’un l’autre, de se dire des mots tendres le jour et de partager la même couche la nuit. En faisant l’amour ils construisent un monde rien qu’à eux, avec leurs propres commandements. Quel plaisir de se sentir vivant au travers de l’autre, de voir par ses yeux, de sourire à son bonheur et de s’apitoyer sur ses peines et de savoir que l’autre vit également à travers soi. Fusion passionnelle ou passion fusionnelle ? Dans tous les cas il s’agit d’une question d’alchimie entre deux corps entrant en contact : ça prend ou ça ne prend pas. On aime ou on n’aime pas.

Cinq lettres. Autant dans amour que dans aimer… que dans merde. Aimer est une drogue, une dépendance qui justifie un instinct autrement plus trivial : l’instinct de survie. On raisonne l’acte de perpétuer la vie par une notion autrement plus déraisonnée. « L’amour a ses raisons que la raison ne connait point. » Toujours est-il qu’il en a car nous, êtres doués d’intelligence, avons réussi à lui en trouver. Nous sommes accros à l’amour. Une fois que nous y avons goûté, nous ne pouvons plus nous en passer. Nous sommes tous des toxicomanes de l’amour, recherchant la moindre décharge d’adrénaline coupée à l’endorphine dans les yeux noisette de cette belle brune ou dans ceux azur de cette non moins belle blonde. Et ne parlons pas de cette rousse aux yeux verts qui nous a fait tourner la tête hier soir… Le monde entier est beau et ne demande qu’à être aimé. Et nous, pauvres habitants de ce monde, nous ne demandons qu’à aimer. Nous voulons utiliser ce mot tous les jours sans savoir vraiment ce qu’il signifie totalement. Qu’importe de le réexpliquer du moment nous en saisissons l’idée. Après tout, aimer ne se partage qu’à deux et même une fois mis sous sa forme pronominale, deux gens qui s’aiment ne se l’expliquent pas : ils le vivent.

Les poètes ont épuisé l’énergie contenue dans le « je t’aime ». Si nous voulons exprimer ce que nous ressentons à sa juste valeur, nous devons abandonner le « je t’aime », ou du moins nous sentons-nous obligés de le faire. René Barjavel avance le « je suis à toi » (La Nuit des Temps), James Cameron le « I see you » (Avatar)… Et vous ? Et nous ?

Tomber amoureux… cela arrive comme un accident, quelle que soit la langue. Comment est la chute ? Longue, brève ? Violente, douce ? Qui dit chute dit réception et là encore cela soulève d’autres questions : sommes-nous aptes à nous redresser tel un chat qui dans un coup de reins instinctif peut « retomber sur ses pattes » ? Ou alors rebondirons-nous telle une balle molle ? Sinon nous écraserons-nous comme un œuf ? Serons-nous seulement capables de nous relever après être tombés amoureux ? Cette crainte pousse sans doute certains à nier le fait qu’ils peuvent choir. D’autres en revanche ont un sens de l’équilibre tellement déplorable qu’ils trébuchent pour un rien : le monde entier tangue autour d’eux, dirait-on.

Personnellement, je pense qu’il s’agit bien d’une chute. Mais le trou dans lequel nous tombons n’a pas de fond. Il n’est pas forcément sombre non plus. Dans l’idée de chute nous avons cette impression que le cœur fait lui aussi un saut dans la poitrine et, pour essayer de se raccrocher à ses artères, sécrète une forte dose d’adrénaline au centre de commande comme pour lui dire « eh ! Ressaisis-toi bon sang ! Ordonne aux muscles de chercher de quoi s’accrocher, de quoi ralentir cette chute et éviter qu’on s’aplatisse tous comme une crêpe en bas ! » Tomber amoureux est la même affaire. Le pouls accélère, alimentant le cerveau qui cogite à toute allure sur le meilleur moyen de lui plaire. On est alerte, on fait attention au moindre indice, qu’importe l’utilité. On redevient un étudiant du comportement humain et social. Car il y a des règles élémentaires, comme celle de la gravité. Tout corps placé dans le vide de l’amour et soumis à la gravité de l’être aimé est attiré par celui-ci. En voilà une bien belle phrase, n’est-ce pas ? Nous tombons littéralement lorsque nous sommes amoureux. Nous flirtons avec le danger à tout moment. Celui du ridicule d’abord, d’être recalé à l’examen, puis une fois la chute bien entamée vient le danger de ne plus savoir freiner, d’être entrainé par son propre poids émotionnel… et de se perdre. La remontée est d’autant plus difficile dans ce cas.

Aimer… Finalement ce n’est pas un verbe qui se dit mais plutôt un mot qui se sent. C’est se libérer d’un poids sur le cœur à chaque fois qu’on lâche un « je t’aime » et se retrouver tout bête quand on est amené à expliquer pourquoi cette personne et pas une autre. C’est s’attarder sur les moindres détails, aussi insignifiants soient-ils, autour de celle que l’on apprécie bien plus que les autres. C’est ne pas savoir se raisonner quand l’amour parait impossible, aussi réciproque soit-il… ou pas. C’est basculer aisément dans la haine et le mépris une fois qu’on y est parvenu, comme on s’administre un remède, un antidote au poison répandu dans nos veines. C’est crever de jalousie quand la moindre rivalité devient un obstacle infranchissable. C’est remettre constamment ses capacités en cause, souffrir de complexes qui ne nous dérangent pas en temps normal mais qui se découvrent à cet instant précis. C’est endurer toutes les peines du monde en échange d’un regard ambigu, d’une brève attention, d’un contact fugace… et trouver la récompense tellement satisfaisante qu’elle vous accroche un sourire derrière les oreilles pour le reste de la journée. C’est chacune de ces choses prises indépendamment et toutes à la fois.

Pour moi cela dépasse toute notion bassement animale (encore que ce n’est pas totalement prouvé que les animaux ne ressentent pas l’amour) sans pour autant l’écarter bien sûr. Nous aimons chacun d’une manière unique, sexe, race et opinions politique et religieuse mis entre parenthèses, d’une intensité unique également. Et c’est pour cela que chaque personne qui lira ces derniers mots les prendra sa juste valeur, avec l’intensité qu’elle partage avec moi :

je t’aime.

De la séduction de la Mort

Publié: 12 mars 2010 dans Essai

Qu’est-ce que mourir ? Cliniquement, la mort d’un animal est décrétée à l’arrêt de ses fonctions cardiaques et cérébrales. Le corps et l’esprit ont lâché prise sur le monde tangible. Telles des machines, nous devenons hors d’usage, sans aucun espoir de réparation. Cette anxiété millénaire de la dépendance de nos capacités physiques a soulevé de nombreuses questions métaphysiques : y a-t-il une vie après la mort ? Avons-nous une chance de revenir peupler le monde que nous avons connu ? La mort est-elle une passerelle vers un état de conscience supérieure, comme se plaisent à croire certains à propos de l’Éden ou encore du Walhalla ? Notre corps est hors d’usage, notre esprit s’est évaporé… il reste encore un élément : l’âme, la conscience. Où va-t-elle, elle ? Tant de religions croient en cette troisième facette de l’homme, qu’il s’agirait de notre ultime vaisseau vers l’Au-delà.

Peu importe si tout cela est vrai. L’idée seule d’une autre vie après la mort adoucit cette dernière, ne la réduisant plus qu’à l’état de Porte. Qu’il devient donc simple et agréable de penser à la mort comme à un abri, l’ultime refuge du monde tangible. Pff ! Quelle lâcheté, oui ! Nous sommes ouverts à tant de tentations, tant de passions, que la mort se fond dans la masse. Car au final, qu’avons-nous pour combattre cette envie irrépressible de tout lâcher quand tout va mal ? La raison. La même qu’il nous est amené d’appeler pour résister devant un bon gros troisième dessert alors que nous suivons un régime strict malgré notre gourmandise insatiable, la même qui nous empêche d’embrasser l’élu(e) de notre cœur alors que nous savons très bien qu’il/elle va nous rejeter malgré la passion qui dévore nos entrailles, la même qui nous empêche d’engueuler nos amis et nos proches alors qu’ils nous ont profondément blessés malgré l’amour que nous leur portons. Et c’est la seule force de notre raison qui nous empêche de commettre l’irréparable. Encore faut-il qu’elle soit alimentée : projets de vie, amis, petits bonheurs simples… En résumé, tout ce qui participe à l’épanouissement personnel est autant de matière à nourrir cette raison.

Et puis, ce n’est pas si simple de se donner la mort. Malgré le double Sapiens que nous sommes, nous conservons une part de cet instinct primaire, celui de notre survie. La survie de l’espèce, certes, mais surtout celle de l’individu. L’homme est égoïste, c’est un fait reconnu. Se débarrasser de son bien le plus précieux n’est pas chose aisée. Alors il cherche des palliatifs à son évasion : les sports extrêmes, l’imagination, la déprime, la drogue…

Frustration, peine, douleur, agonie, ennui, trahison, délaissement, déception, désespoir, honte, déshonneur, sacrifice, passion… Que de mots pour n’en justifier qu’un seul ! Autant de raisons (tiens ?) pour passer le pas. La soupape est sous pression et nous ne savons pas comment la relâcher. La violence engendrée est telle qu’il faut que quelqu’un y passe. Et le premier quidam rencontré est souvent soi-même. Transformer cette violence de l’esprit en violence physique, faire mal autant que cela nous fait mal, voilà la première solution qui s’offre à nous pour se décharger. À la réflexion, que faire d’autre ? Discuter ? Pour quoi faire ? Et puis à qui surtout ? Autant l’interlocuteur peut se désigner facilement, autant il ne nous est pas aussi facile de l’accepter. Encore faut-il que nous en ayons l’envie. Car si nous pensons en finir, c’est que nous avons déjà quelque part lâché prise. Qu’aucune décision de notre part n’est à espérer. Nous faisons un dernier test : va-t-on entendre notre appel de détresse ? Va-t-on y répondre ? Va-t-on nous prendre en main, nous montrer quelles prises sont plus sûres pour remonter la paroi abrupte de la vie ? Un simple « ressaisis-toi ! » peut ne pas suffire selon le stade auquel nous sommes rendus.

La vie est belle pourtant. Loin d’être pure et immaculée aujourd’hui, certes, mais tellement ravissante. Les courbes du temps sont volupté et il reste encore des mondes vierges et inexplorés dont l’espoir de s’y rendre un jour pour en découvrir les merveilles suffit à la désirer toujours aussi ardemment et lui jurer fidélité sans réserve. Mais la mort est femme séductrice. Sa grâce rusée nous envoûte, ses promesses subtiles d’un monde meilleur et plus paisible nous persuadent de la suivre et par là-même nous font parjures. Que choisir alors ? Ce que nous avons déjà par héritage ou ce que nous pourrions obtenir sur promesse de Gascon ? Notre recherche constante de confort et notre méfiance innée nous amèneraient logiquement à opter pour la première solution. Mais notre désir d’aventure et de conquêtes ne serait pas de cet avis.

Alors à tous ceux qui rencontrent ce genre de dilemme, considérant la vie pesante et malgré tout agréable par moments, faites preuve de patience : l’Ultime Voyage n’est pas encore venu. Précipiter son départ ne vous rendra pas plus heureux, compte-tenu de ce que vous auriez pu faire de votre vivant. Vivez, vivez tant que vous pouvez, on ne sera jamais sûr de ce qu’il y a de l’autre côté. Gardez vos rêves d’évasion à l’état de chimère et inventez-vous de nouvelles limites à atteindre ici-bas. Poussez progressivement votre ambition de vivre jusqu’aux frontières de l’imagination et gardez celle de mourir pour lorsque vous serez en panne d’inspiration. Et là encore vous n’aurez pas exploité le quart de votre potentiel. Si c’est votre objectif, préservez-le jusqu’à la toute fin et rêvez-le à la place. Faites ce voyage dans votre tête, répétez-vous le à l’envi et aspirez en même temps l’air gouleyant de la vie à pleins poumons.

Car s’imaginer mourir encore et encore et malgré tout rester vivant donne le sentiment d’être immortel.

JE suis immortel. Et vous ?

Le Gant des Runes

Publié: 9 février 2010 dans Nouvelle

Voici (enfin !) la nouvelle que j’ai présentée pour le prix d’écriture Claude Nougaro 2009-2010. Il permet aux résidents de la région Midi-Pyrénées âgés de 15 à 25 ans de présenter un projet d’écriture dont les différentes catégories sont nombreuses avec des contraintes imposées propres :

Ecriture de fiction
Genres retenus : nouvelle, conte, récit. Le texte comportera 15 pages maximum.

Scénario de court-métrage
Le genre retenu est la fiction et la longueur du court-métrage est de 15 minutes maximum. Outre le corps de texte, le document comprendra une note d’intention et un synopsis.
Bande dessinée
Pour cette catégorie, un projet peut être réalisé par deux participants (scénariste et dessinateur). Liberté de choix quant au genre.

Chanson
Une présélection de 20 candidats sera réalisée. La sélection finale s’opèrera en deux phases : envoi d’un dossier et d’un CD 3 titres, puis interprétation scénique devant les membres du jury.

J’ai donc naturellement choisi l’écriture de fiction, et plus précisément un format de nouvelle. Le plus dur a été de tenir la limite des 15 pages… Trêve de bavardages, je vous laisse lire et vous faire votre propre opinion !

Bonne lecture !


Style d’écriture : manuscrit (cahier de brouillon)
Durée d’écriture : projet commencé en octobre 2008, terminé en décembre 2009 ; pause de février à octobre 2009
Musiques d’accompagnement : thèmes de musiques Heroic Fantasy (Immediate Music, Jeremy Soule…)
Relecture : collective. Merci à, dans l’ordre de présentation du texte : maman, Ambre, Mélo, JB et Alexandra. Votre aide, vos critiques et vos encouragements m’ont été plus que précieux. 😉